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Paul VECCHIALI

 

Paul Vecchiali et Françoise Lebrun à Grenoble (1995)

"Le plus doué peut-être des cinéastes de sa génaration et sûrement le plus personnel. Le seul, en tout cas, à se mouvoir, avec une relative aisance, dans les méandres de notre cinéma national, en sachant obtenir une adéquation parfaite entre les impératifs de la création et la modestie des moyens. Tournant régulièrement -et faisant, entre temps, tourner les autres-, Vecchiali poursuit lentement, mais sûrement, l'élaboration d'une oeuvre qui s'impose autant par la diversité des thèmes que la richesse de l'écriture".

Frantz Gévaudan (Cinéma 80)

 

 

 

Né en Corse à Ajaccio le 28 avril 1930, Paul Vecchiali est un "touche-à-tout autodidacte". Il réalise son premier film en 1961, un film muet, tout en travaillant comme officier-instructeur à Polytechnique. Il devient critique aux Cahiers du Cinéma et à La Revue du Cinéma. An 1965, il tourne "Les ruses du diable" qui sort en salles. Suivront une quinzaine de longs métrages, des films de fiction pour le cinéma, des téléfilms, des films industriels,... Il a également été assistant sur de nombreux films et a collaboré au travail technique de moult réalisateurs.

Citons notamment "L'étrangleur", "Femmes, femmes", "Change pas de main", "La machine", "Le café des jules", "Corps à coeur", "En haut des marches" et "Rosa la rose fille publique", des films profondément personnels, souvent controversés. On doit aussi à Paul des courts métrages, des documentaires, des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre et même quelques révélations cinématographiques puisqu'il a produit et distribué plusieurs oeuvres de jeunes réalisateurs dont l'excellent "Beau temps mais orageux en fin de journée" de Gérard Frot-Coutaz.

François Truffaut fera partie des rares personnes à s'enthousiasmer pour Vecchiali à ses débuts. A la projection des "Ruses du diable", il déclare à Paul Vecchiali qu'il est le seul héritier de Jean Renoir... Jacques Demy, quant à lui, déclare à Paul "On n'est peut-être que tous les deux à aimer Robert Bresson et Danielle Darrieux"...

En 2000, Vecchiali publie "Mon roman de cinéma" dont le premier tome se nomme "Les frontières de l'aube" (Editions Stock). Cette aube que sa mère aimait tant, moment précis où elle avait le sentiment que le monde lui appartenait. Il y parle de son enfance et des films des années 30' qui l'ont marqué, et établit une critique de ces films, montrant notamment comment le temps passé a changé le regard porté sur ces films. Paul Vecchiali ajoute à cette analyse un substrat politique, social, pour toile de fond, exprimant ainsi les raisons qui l'amènent à écrire de la sorte dans cet ouvrage.

Aujourd'hui, de nombreuses fois refoulé par la Commission d'Avance sur Recettes, Paul Vecchiali continue à se battre pour trouver des financements pour ses futures réalisations...

 

 

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